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QU'ELLE ETAIT VERTE MA VALLEE/ HRAFNKELL SIGURDSSON & ALEX MACLEAN - [ Translate this page in english ]

« Qu’elle était verte ma vallée »
(vers une écologie du corps et de l’esprit)
avec
Hrafnkell Sigurdsson & Alex Maclean

exposition du 22 Janvier au 15 Mars 2015

La légende du Colibri
Le nom de l’Ecolieu « Au petit Colibri » a été choisi en référence à un conte amérindien raconté par Pierre Rabhi.
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part ».

Pierre Rabhi est un agriculteur, écrivain et penseur français, aujourd’hui reconnu expert international pour la sécurité alimentaire. Il a participé à l’élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification. Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutien le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers.

ALEX MACLEAN

Depuis 30 ans Alex MacLean se penche depuis le ciel pour quelques clichés sur une dimension bien plus large que la photographie, plutôt d’une valeur scientifique et démonstrative cadrée par une réflexion et une analyse de l’urbanisme galopant avec une approche positive et négative selon ces prises de vues.
A travers ces photographies, il livre les organisations et les aménagements urbains qui définissent les différents modes de vie et de consommation. Evolutions de la perception du monde urbain, Alex MacLean immortalise certaines vérités aux questions urbaines.
Il aborde les enjeux fondamentaux du XXI ème siècle : atmosphère, mode de vie, dépendance automobile, électricité, déserts, usage de l’eau, montée des eaux, déchets et recyclage, urbanisme.
Alors, vue du ciel, rien n’est épargné. A moins d’une révolution écologique.
Alex MacLean produit une œuvre singulière qui ne s’est pas imposée par la volonté farouche de son auteur – en des temps où la stratégie remplace l’inspiration et où la sincérité cède au spectacle – mais parce que l’on y décèle un regard sur le monde, une force plastique, une capacité de discours sans commune mesure avec l’industrialisation documentaire.

HRAFNKELL SIGURDSSON

Dans ses œuvres les plus récentes Hrafnkell Sigurdsson traite fréquemment du thème du gaspillage en se référant à l’emballage, ce signe flagrant de la société de consommation. Son triptyque récent en est un exemple parfait. Étymologiquement un triptyque veut dire plié en trois, qui en fait une espèce d’emballage autour de soi-même, car il manque l’objet enveloppé.
Le papier d’emballage nous renvoi directement à l’exemple de Freud, dans son « Malaise dans la Civilisation » de 1929. Les papiers épars, qui jonchaient les chemins de la forêt de Vienne et que le psychiatre prit comme indice incompatible avec l’état civilisé, sont néanmoins les signes les plus flagrants de notre civilisation. Peut-être c’est triste mais c’est pourtant dans les détritus que nous nous élevons au-dessus des autres bêtes.


À certains voyageurs du Grand Tour, le passage des Alpes inspirait une terreur fâcheuse. Entre les villes distinguées de l’Europe du Nord et les contrées pittoresques de l’Italie méridionale se dressaient des barricades d’abîmes et de sommets fracturés. Ce paysage de ruine irrationnelle offusquait leurs sens raffinés. Pour s’épargner la vue de cette horreur, ils avaient coutume de tirer les rideaux de leur carrosse quand ils traversaient la haute montagne.
Un paysage d’hiver sous un vaste ciel bleu s’ouvre et s’efface devant une éruption tumultueuse. Deux facettes de la nature et deux images islandaises par excellence. Pourtant, contrairement à celle du Grand Tour, cette vulgarité de la nature, qu’est le volcan Eyjafjallajökull, est perçue avec un étonnement mêlé de crainte respectueuse. La réaction universelle à l’éruption de l’Eyjafjallajökull au printemps 2010 fut un moment sublime, la puissance et la grandeur du volcan ont été ressenties partout dans le monde. Le volcan a provoqué le chaos général en clouant au sol les avions au sol. Il a été, pour l’essentiel, une terreur invisible, mais qui a donné une échelle d’humilité au monde.
Les voyageurs du Grand Tour choisissaient de fermer les rideaux devant l’horreur de la montagne, Sigurdsson nous donne la même possibilité. Il nous invite implicitement à choisir et à changer la scène qui s’offre à nous. Il nous tente avec une interprétation morale d’une hiérarchie entre les images, mais il la laisse en suspens ou imparfaite. À mesure qu’on ouvre et referme l’œuvre, l’absolu recule ; l’homme est le pivot du sens. Aussi belles que soient les images nous les comprenons comme des objets culturels, comme le philosophe grec antique Protagoras, l’a remarqué, « l’homme est la mesure de toutes choses » .





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