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NELSON LEIRNER / OLD AND NEW - [ Translate this page in english ]

NELSON LEIRNER
« Old & New »
exposition du 18 janvier au 22 février 2014

NELSON LEIRNER / Né en 1932 à Sao Paulo, Brésil

L’essentiel de l’esprit qui anime la production de Nelson Leirner est là : forte conscience critique, pris en considération des enjeux politiques et refus du savoir-faire, mais aussi dérision et anti-dogmatisme.
En 1966, avec cinq autres artistes, il forme le groupe Rex, un collectif qui questionne, à travers des expositions, des actions et des débats, sur l’institutionnalisation excessive de l’art. En 1967, il participe à l’exposition New brésilien objectivité (Musée d’art moderne de Rio de Janeiro) et reçoit un prix à la biennale de Tokyo avec son œuvre « Hommage à Fontana I et II ». (qui vient d’être vendue en vente aux enchères pour $ 359.000).
Il est aisé d’imaginer comment de telles qualités ont pu être appréciées dans une dictature. Jusque dans les années 70, l’activité de Nelson Leirner a été intense, mais cantonnée au Brésil, ce qui n’empêcha nullement les coups d’éclat, d’ailleurs. Comme un lointain écho au canular de Roland Dorgelès ridiculisant les Indépendants en y faisant admettre la peinture d’un véritable âne (« Et le soleil se coucha sur l’Adriatique », signée J.R. Boronali, 1910), Leirner proposa en 1967, au 4ème Salon d'Art Moderne de Brasília, d’exposer un porc empaillé dans une cage minimale de bois léger. Puis il posa publiquement, dans le quotidien « Jornal da Tarde », la question des critères qui avaient amené le jury à accepter l'œuvre, créant une polémique alimentée par des critiques comme Mário Pedrosa et Frederico Morais, resté fameuse sous le nom de « Happening de la critique ».
À partir des années 80, sa production artistique s’est concentrée sur des arrangements d’objets manufacturés. Au-delà des enjeux du « Pop », cette pratique d’assemblage offre un reflet fidèle et ironique d’un environnement culturel et industriel global, d’un « tourisme commercial » comme d’un « commerce touristique » de masse : « Même si aujourd’hui les enjeux de mon travail ne sont plus limités au seul Brésil, les problèmes politiques sont toujours là, cette fois à l’échelle de la mondialisation. Les engagements sont les mêmes. Je lutte en particulier contre le colonialisme des Américains ; ils nous prennent beaucoup plus qu’ils ne nous donnent, même sur le plan culturel. » (…)
Il produit en 1997, l’exposition « Nelson Leirner, un voyage »…Il commence à exposer intensivement au Brésil et à l’étranger, en groupe ou individuel. Ses œuvres présentées en 1998 au Musée d’art moderne sont censurées pour obscénité, ce qui déclenche une campagne nationale contre la censure dans les arts visuels. Dans la même année, les œuvres censurées sont présentées dans la galerie Brito Cimino, dans une exposition interdite aux moins de 18 ans.
Dans ses processions « Parade », tous ces personnages sont issus de la culture populaire brésilienne, où les pratiques rituelles et religieuses – à l’exemple du football – sont très importantes car elles aident les gens à vivre malgré leur dénuement.
L’ensemble est d’une fraîcheur très revigorante : difficile de ne pas attribuer ces travaux à un artiste au moins moitié plus jeune. C’est que Nelson Leirner a une qualité rare, qu’il partage avec quelques très grands artistes comme Picabia : toujours expérimenter, sans jamais acquérir de certitude. Même ce qui dans son propre travail pourrait devenir iconique, Leirner le mine : ainsi dans un retournement symétrique de celui qu’il avait infligé à Fontana, il a commencé en 1999 une série de « Constructivismes ruraux », tableaux géométriques rigoureux réalisés en peaux de bêtes couvrant un vaste nuancier de blancs, de bruns et de noirs.
. La distance élégante et presque militante qu’il maintient avec les notions de travail et de production est à la fois hyperactuelle et parfaitement référencée (aux situationnistes, notamment).
Entre Marcel Duchamp et Guy Debord, Nelson Leirner est un trait d’union revigorant.













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