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KRZYSZTOF WODICZKO, "GUESTS" - [ Translate this page in english ]

KRZYSZTOF WODICZKO
« Visiteurs »
Pavillon Polonais Venise 2009

Les protagonistes de la projection de Krzysztof Wodiczko sont des immigrés, des personnes qui n’étant pas « chez elles » demeurent « d’éternels invités ». « L’autre », « l’étranger » sont des notions cruciales dans le travail artistique de Wodiczko – soit dans les projections comme dans ses véhicules, ou dans ses instruments de haute technologie qui permettent de communiquer, de s’exprimer, et de gagner une présence publique à ceux qui, parce qu’ils sont privés de leurs droits, restent silencieux, invisibles, sans nom.

Avec son projet pour Venise, l’artiste combine ses expériences précédentes de projections dans les galeries ou des musées, qui ouvraient l’espace fermé du monde de l’art au monde extérieur, avec le caractère performatif des projections en extérieur qui permettent aux participants d’utiliser l’image de leurs mains ou de leurs visages et le son de leur voix pour animer les murs des bâtiments publics.

Les spectateurs à l’intérieur du pavillon polonais regardent ce qui se passe à l’extérieur, au-delà des « fenêtres », leur illusion, leur projection sur les murs du pavillon sans fenêtres. Les projections ouvrent l’espace du pavillon à des scènes aussi virtuelles que réelles qui montrent des immigrés de Pologne et autres pays d’Europe Centrale lavant des vitres. Les figures floues apparaissent et disparaissent. Leurs silhouettes, bougeant de haut en bas, sont visibles à des hauteurs différentes : certaines se trouvent derrières les « fenêtres » au niveau des spectateurs, d’autres lavent des vitres en haut de grandes échelles. Dans une autre partie de la projection, sur un plafond qui donne l’illusion d’une verrière plate, d’autres travailleurs, déjeunant et discutant, apparaissent au-dessus de la tête des spectateurs . Les images sont légèrement brumeuses, limitent notre compréhension des scènes qui se déroulent derrière les fenêtres opaques. Leur visibilité est constamment déformée par le flou crée par le liquide pour laver les vitres. Wodiczko joue avec la visibilité des immigrés qui sont presque « à portée de la main » tout en étant « de l’autre côté » des fenêtres qui brouillent leur image, qui nous renvoie au statut ambigu des immigrés, à leur invisibilité sociale. Cette impossibilité d’abolir la distance (de rendre l’image familière) est expérimentée des deux côtés. Les visiteurs de la biennale y sont aussi des « invités », comme le leur rappellent les laveurs de carreaux immigrés, qui essayent en vain, de voir l’intérieur du pavillon.
L’étrangeté à soi-même, dans la confrontation avec « l’autre », relie dans le travail de Wodiczko un problème critique et une utopie, l’esthétique et le politique. Dans l’espace du pavillon, dans la relation avec l’autre, avec ceux qui sont différents, l’esthétique entre en relation avec le politique.



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