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ALEX MACLEAN (AMERICAN ARTIFACTS) - [ Translate this page in english ]

"AMERICAN ARTIFACTS "
Exposition du 27 janvier au 10 mars 2007

Artefacts
- Objets réalisés par des humains, comme les outils en pierre, étudiés par les archéologues
- Tout objet réalisé ou modifié par l'homme
- Quelque chose créé par des humains, généralement dans un but pratique, et en particulier un objet subsistant d'une période particulière
Un artefact culturel est un objet fait par l'homme fournissant des informations sur la culture de son créateur et de ses utilisateurs. L'artefact peut évoluer avec le temps dans ce qu'il représente, et les conditions de son utilisation avec les changements culturels. L'usage de ce terme comprend les artefacts archéologiques découverts sur des sites de fouilles. Les objets réalisés par l'homme de la société moderne sont également des artefacts culturels, par exemple, dans un contexte anthropologique, un poste de télévision est un artefact de la culture moderne.

Histoire : Alex S. MacLean doit sa fascination pour les paysages aux visites familiales sur le fleuve Saint-Laurent au nord de New York. Une fois ses études d’architecte achevées à Harvard, il passe son brevet de pilote, achète un Cessna 182 et crée la Landslides Aerial Photography Company à Cambridge dans le Massachusetts.
Depuis, il travaille pour ses confrères architectes et urbanistes, pour des universités, des services publics et des compagnies privées, survolant les Etats-Unis, le Canada et même l’Europe.

Une Amérique vue du ciel : depuis 30 ans, son activité lui a fait découvrir une Amérique vue du haut du ciel, une incroyable moquette urbaine aux motifs répétés à l’infini de vastes horizons. Villes, zones pavillonnaires, aires de jeux, lacs et forêts, rivages naturels ou artificiels, rien n’échappe à son extraordinaire acuité visuelle. Il survole le monde, repère ce qui l’intéresse, choisit l’angle de vue adéquat, lâche les commandes, saisit son appareil, avant que l’objet ne s’échappe, que l’angle ne se perturbe, que la lumière et les contrastes ne changent radicalement.

Une lecture américaine rassurante ? Le télescopage des formes géométriques est frappant dans certaines images de MacLean. Seul le tirage restitue la complexité de ce génie de l’instant décisif aérien. Car c’est cette complexité qui explique la fascination que ces images exercent sur notre perception du monde ; dépassant l’apparente séduction des formes et le bonheur d’un " pattern " auquel nous accordons ce zeste d’exotisme qui nous subjugue, ces images sont extraites d’une fiction qui se déroule dans un monde qui est depuis un siècle l’avant-garde de notre civilisation. Précisément parce que nous la redoutons, cette Amérique des supermarchés géants, de l’effort physique, des free-ways et des parking lots, ici réduite à des cartes postales ironiques, nous rassure ; elle est devenue, grâce au Cessna de MacLean un monde miniature, accessible et charmant, une sorte de chromo dont il est facile de s’emparer. Cette maquette dont nous craignons l’idéologie consumériste, la philosophie binaire et simplificatrice, nous pouvons ici nous emparer de la délicieuse désuétude de son organisation et de son alignement pathétique ; nous sommes comme ceux qui, découvrant le travail à la chaîne, pressentaient dans l’Amérique à la fois l’avenir de la planète et son cauchemar climatisé.

Artiste et découvreur ravi : Contrairement à celles d’autres photographes aériens fameux, la beauté formelle de ces images les déconnecte de toute intention documentaire. La force de ce travail, fait dans une joie de la découverte immédiatement perceptible, est sa capacité à traduire, dans une même campagne de prise de vues, une information, une beauté ou une standardisation de l’architecture, mais aussi une grande beauté plastique.

Une lecture multiple : le résultat tient tour à tour de l’analyse urbaine, du constat écologique, du discours social tout en entretenant d’amusantes similitudes avec les grands noms de l’abstraction américaine.

Une œuvre plastique : quand le constat urbain s’éloigne, la force plastique et l’impeccable construction de ses images éclatent de façon évidente ;

Humeur : dans l’acte de la prise de vue, il existe toujours comme un mystère ; pourquoi, alors que mille photographes donnent la même image insignifiante d’un même objet, l’un d’entre eux, sans artifice particulier, parvient-il à nous donner une œuvre qui nous émeut, nous parle, nous sidère et demeure ?
Alex MacLean produit une œuvre singulière qui ne s’est pas imposée par la volonté farouche de son auteur – en des temps où la stratégie remplace l’inspiration et où la sincérité cède au spectacle – mais parce que l’on y décèle un regard sur le monde, une force plastique, une capacité de discours sans commune mesure avec l’industrialisation documentaire.



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